Compromis de vente — Droit français officiel

Dépôt de garantie d'un compromis de vente : quel montant et qui le détient ?

Vérifié le 19 juin 2026 Sources Service-Public.fr · Notaires de France 3 min de lecture
Réponse rapide

Aucun texte ne fixe le montant : par usage, le dépôt de garantie représente 5 à 10 % du prix de vente (souvent 5 %). Versé par l'acheteur à la signature, il est séquestré chez un tiers habilité — en pratique le notaire — et jamais remis directement au vendeur.

En détail

Le dépôt de garantie (aussi appelé indemnité d'immobilisation) est la somme que l'acheteur verse au moment de signer le compromis de vente. Elle prouve son sérieux et l'engage. Contrairement à une idée répandue, aucune loi n'impose de montant : c'est purement contractuel. Dans la pratique notariale, il représente entre 5 et 10 % du prix de vente, le plus souvent 5 %. Cette somme n'est pas perdue : elle s'impute sur le prix le jour de la vente définitive. Pour le cadre général de l'avant-contrat, voir la fiche Service-Public.fr sur la promesse et le compromis de vente.

Combien verser ?

Le montant se négocie entre vous et l'acheteur, dans le compromis. Les usages :

  • 5 % du prix : le cas le plus fréquent.
  • Jusqu'à 10 % : possible, notamment pour rassurer le vendeur.
  • Un montant inférieur, voire aucun dépôt, reste juridiquement valable si les deux parties l'acceptent.

Qui détient l'argent ?

Le dépôt ne doit jamais être versé directement au vendeur. Il est confié en séquestre à un tiers habilité disposant d'une garantie financière : le notaire, ou un agent immobilier couvert par la loi Hoguet (loi n° 70-9 du 2 janvier 1970). Cette garantie protège les fonds en cas de défaillance du dépositaire.

« Le dépôt de garantie est versé au notaire ou à l'agent immobilier à titre de séquestre. »

— Notaires de France, consultée le 19 juin 2026

Si vous vendez de particulier à particulier, sans agence, le dépôt est donc confié au notaire. Un particulier n'étant pas couvert par une garantie financière, le vendeur ne doit pas conserver lui-même la somme : la sécurité du séquestre notarial est ici essentielle.

Que devient le dépôt si la vente n'aboutit pas ?

Tout dépend du motif :

  • Une condition suspensive échoue (refus de prêt, par exemple) : le dépôt est intégralement restitué à l'acheteur.
  • L'acheteur exerce sa rétractation dans le délai légal de dix jours (article L271-1 du Code de la construction et de l'habitation) : il récupère l'intégralité de la somme. Voir le texte sur Légifrance.
  • L'acheteur renonce sans motif valable, conditions levées et délai de rétractation écoulé : le dépôt reste en principe acquis au vendeur à titre de dédommagement.

Quand consulter un notaire ?

Le notaire est l'interlocuteur naturel pour un compromis entre particuliers : il rédige ou sécurise l'acte, encaisse et séquestre le dépôt sur un compte dédié, et gère sa restitution ou son imputation. Faites appel à lui dès la rédaction du compromis, surtout sans agence — c'est lui qui garantit que les fonds sont protégés et libérés selon les règles.

Sources