Garanties du vendeur — Droit français officiel

Vices cachés : quelles sont les obligations du vendeur particulier ?

Vérifié le 19 juin 2026 Sources Légifrance · Code civil 3 min de lecture
Réponse rapide

En tant que vendeur, vous devez la garantie légale des vices cachés : l'acheteur peut agir pendant 2 ans à compter de la découverte du vice. Entre particuliers, une clause d'exonération de garantie est valable — sauf si vous connaissiez le vice (mauvaise foi).

En détail

Le vendeur est tenu de la garantie des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui en diminuent tellement l'usage que l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou n'en aurait donné qu'un moindre prix, s'il les avait connus (article 1641 du Code civil). Le vendeur ne répond pas, en revanche, des défauts apparents dont l'acheteur a pu se convaincre lui-même. La garantie est en principe due même si vous ignoriez le vice (article 1643 du Code civil), d'où l'importance de la clause d'exonération détaillée plus bas.

« Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine […]. »

— Article 1641 du Code civil, en vigueur au 19 juin 2026

Trois conditions et un délai de 2 ans

Pour que la garantie joue, le défaut doit être : caché (non décelable par un acheteur normalement attentif), antérieur à la vente, et suffisamment grave pour rendre le bien impropre à son usage ou en réduire fortement la valeur.

  • Délai pour agir : l'acheteur dispose de 2 ans à compter de la découverte du vice (article 1648 du Code civil).
  • Deux options pour l'acheteur : rendre le bien et se faire restituer le prix (action rédhibitoire), ou le garder en se faisant rembourser une partie du prix (action estimatoire).

La clause d'exonération : valable… sauf mauvaise foi

Entre particuliers, le compromis contient presque toujours une clause par laquelle le vendeur s'exonère de la garantie des vices cachés. Cette clause est en principe valable. Mais elle a une limite essentielle : elle ne joue pas si le vendeur connaissait le vice. Le vendeur de mauvaise foi reste tenu, malgré la clause, et doit en plus des dommages et intérêts à l'acheteur (article 1643 du Code civil). Autrement dit : ne dissimulez jamais un défaut que vous connaissez en comptant sur la clause — elle ne vous protégera pas.

Information loyale et diagnostics

Au-delà de la garantie, vous êtes tenu d'un devoir d'information : toute information déterminante pour le consentement de l'acheteur doit lui être communiquée (article 1112-1 du Code civil). Les diagnostics techniques obligatoires annexés au compromis (amiante, plomb, termites, etc.) renseignent l'acheteur sur certains risques : un défaut couvert par un diagnostic communiqué devient en principe apparent et n'engage plus la garantie sur ce point précis. La fiche Service-Public.fr sur la garantie des vices cachés récapitule le cadre.

Quand consulter un notaire ?

Le notaire rédige l'acte et insère la clause d'exonération adaptée à votre situation : faites-le valider par lui dès la rédaction du compromis. Consultez-le sans attendre si vous avez un doute sur un défaut connu de vous (infiltrations, fissures, problème d'humidité réparé) — déclarer le défaut protège mieux qu'une clause qui tombera en cas de mauvaise foi. En cas de litige après la vente, le notaire vous orientera vers les recours et l'expertise éventuelle.

Sources